mardi 10 juillet 2007

Et ils se marièrent...




Voilà, c’est fait. Mon cousin est marié. Marié bordel de merde! Il porte une alliance, il a une copine qu’il faut appeler "Madame" et qui va rester pour de bon. Je fais ma râleuse, mais c’est pour le sport, parce que je suis hyper heureuse pour lui, pour eux, et que je ne les remercierai jamais assez pour la semaine de folie qu’ils m’ont fait vivre. J’ai eu le privilège d’arriver une semaine avant la noce, de voir certaines choses en avant première, qu’on me demande mon avis sur le plan de table et autres petits détails. Ma nouvelle cousine m’a confié « si je voulais, si j’avais le temps mais surtout sans me sentir forcée » le soin de couvrir de colle et de plumes blanches son énorme livre d’or rose fuchsia. Morte de rire ! Caro chérie, il va falloir que tu apprennes à mieux me connaître : j’adooooore les activités avec Manuel !!! Je me lance et en deux heures, j’ai couvert le livre (et le salon de ma tante par la même occasion) de plumes immaculées. Bon, ok, je sens que vous bouillonnez d’impatience, voici donc quelques moments de cette merveilleuse journée :

4 juillet 2007 – 14h30
Je m’habille et je vais dans le château afin d’apporter mon aide à qui voudra. Je trouve le marié, se faisant habiller par sa mère sous le regard aiguisé de la photographe professionnelle. Ma tante m’annonce qu’elle ne sait pas faire les nœuds de lavallière et qu’il faut trouver quelqu’un d’urgence. Je fonce. Une de mes tantes me dit que son mari sait les faire. Je bénit l’inventeur du téléphone portable qui m’évite de courir partout sur mes petits talons et appelle le tonton en question. -"Je te cherche ça", me dit-il. -"Mais tata a dit que tu savais le faire !" -"Ah oui, bah j’y vais !!!" Et personne n’avait encore rien bu !

4 juillet 2007 – 15h00
Nous sommes prêts à partir pour Saint Sulpice, où se dérouleront les cérémonies civile et religieuse. J’arrive dans la cour et là, je panique. Aucun froufrou sur aucune voiture. Hormis la coccinelle blanche décapotable des mariés qui a été décorée par le fleuriste, aucun véhicule ne signale qu’il fait parti du cortège. Galère. J’avais pourtant confié à pas moins de trois personnes le soin de faire tourner l’énorme sac de nœuds en tulle et pas un seul n’a accompli sa mission ! Mais la panique dure peu, le sac arrive et tout le monde se met en action pour accrocher quelques volants sur les voitures dont les moteurs sont déjà en route. Les voitures, une fois déguisées, partent une à une, si bien qu’une des témoins et moi restons sans personne pour nous amener sur place. La mariée, nous voit et hurle de sa décapotable « Hey, vous venez hein ?!!! » Comme si on avait l’intention de lui fausser compagnie. En plus, c’est pas comme si on avait un truc à faire dans ces cérémonies ! Je sais que mes parents ne sont pas encore partis, mais je ne vois pas se pointer le nez de la 407. Ma tante passe avec son espace, vide de tout passagers, ni une, ni deux, nous nous engouffrons dedans. Et nous voilà partis pour marier Caroline et Jérémy.

4 juillet 2007 – 16h00
Nous voilà arrivés à la superbe mairie de Saint Sulpice. Nous entrons et, arrive ce qui arrive toujours lorsqu’on a une famille très nombreuse : la salle des mariages est trop petite. La mairesse a beau nous ouvrir les trois salles suivantes, ouvertes par de grandes portes coulissantes sur la salle où elle va officier, nous ne tenons pas tous. Mais nous nous serrons. L’officielle nous souhaite la bienvenue dans sa maison, qui a été "une maison bourgeoise, une maison du partage (MJC), une maison du savoir (école primaire)"… "Une maison close" chuchote un de mes oncles (pouffements de rires dans notre coin de la salle). Elle entame la cérémonie officielle en énumérant les numéros des articles de lois correspondant au mariage : "le 311, 312, 313, 314 et 315a"… "Et le numéro complémentaire, le 47!" susurre un autre tonton. Là, on rigole franchement au fond de la salle. Le oui de la mariée est à peine audible mais celui de mon cousin est franc et direct. Ils sont déclarés Monsieur et Madame et l’un d’entre-nous sonne un coup de corne de brume qu’il avait dissimulé jusque là, ce qui a pour effet de faire sursauter tout le monde et d’exploser les oreilles de mes cousines.

4 juillet 2007 – 16h45
Je dois lire un texte lors de la cérémonie religieuse. C’est avec bonheur que j’ai accepté cette tâche, contente de mettre ma patte dans la vie de ces deux personnes que j’aime profondément. Dans ma famille, nous ne sommes pas de grands catholiques, mais nous passons par l’église pour les moments importants de nos vies. Non pas que nous nous y sentions obligés, par habitude ou par respect de la tradition. L’église, c’est un moyen de partager ensemble, l’amour que nous avons les uns pour les autres, présents et absents réunis. Nous savons tous que les kleenex sont de rigueur dans tous les sacs à mains de ces dames car c’est le premier mariage depuis 17 ans dans notre famille, car c’est le premier de la génération des petits-enfants qui se marie. Pendant la première partie de la messe, je me retiens de sortir ces fameux mouchoirs, me disant qu’après avoir fait tant d’ efforts pour être présentable, il serait dommage de craquer, de faire couler mon maquillage et d’arriver reniflante au pupitre. Je n’ai pas peur de ce que pensent les autres. Je n’ai pas peur de parler devant tant de monde. Je sais qu’aucun ne me voudra jamais de mal. Mais je suis très émotive. Je l’ai toujours été. Les mariés échangent leurs consentements et les anneaux. Puis le prêtre me demande de m’avancer pour lire cette prière universelle. Une fois à ma place, je regarde mon texte puis je lève les yeux. Et je vois ma tante (la mère du marié) en larmes. Je vois ma grand-mère, prête à succomber et tous les autres derrière, pas très loin non plus. J’ai déjà lu plusieurs fois ce texte. Je le connais. Mais c’est trop tard. Les vannes sont ouvertes et je pleure à chaudes larmes avant même d’avoir prononcé un mot. Parce que ce texte est beau. Il parle d’amour et de famille. Parce qu’il ressemble aux mariés et qu’il prône des valeurs qui me tiennent à cœur. Parce que je suis incapable de résister à quelqu’un qui pleure devant moi. Parce que je sais qu’à la fin du texte, une phrase va rouvrir des cicatrices pas tout à fait fermées et que d’autres vont craquer. Les mariés, devant mon impuissance à partager ce texte avec les autres, viennent m’entourer. Je sens la main de Caroline sur mon épaule. Je vois celle de Jérémy sur le pupitre, près de la mienne. Comme à une bouée, je m’y accroche du plus fort que je peux. J’ai besoin de lui, d’eux, pour arriver au bout. Et je lis. Mes larmes me cachaient l’essentiel, je ne pouvais que distinguer la forme des mots que je devais prononcer. Je ne sais pas si les gens ont bien entendu, mais je suis arrivée à la fin de mon texte.

4 juillet 2007 – 21h00
Après les séances photos et le vin d’honneur, les invités se dirigent lentement vers la salle de réception, préparée dans la joie et la bonne humeur par une trentaine de personne la veille. Le thème de la réception tourne autour de la phrase « Et si nous retombions tous en enfance ? » Dans l’entrée, un bureau d’écolier à l’ancienne, des tableaux en ardoises d’Ancenis avec les plans de table, des fils à linges avec des photos-grimaces partout nous accueillent. Sur les tables, en lieu et place des cavaliers classiques, nous disposons les photos des invités entre 0 et 10 ans. Certaines sont drôles a souhait. Le menu est noté sur une ardoise plantée sur un petit chevalet : foie gras et magret, cela fleure bon le sud ouest. On m’appelle, ainsi que les jeunes filles à marier de l’assemblée : la mariée va lancer son bouquet. Une quinzaine de demoiselles se massent, chacune cherchant le point stratégique par rapport au placement de Caroline, quelques pas devant nous. Ma cousine et moi, nous restons dans la masse, sans rien chercher de plus que de faire de la figuration. Comme elle, je lève les bras, pour le sport, en me disant que de toute façon, j’ai deux mains gauches et que je serai incapable d’attraper un ballon d’un mètre de diamètre si on me le lançait. Caroline envoi son bouquet et je le vois passer au dessus de ma tête, pile entre mes mains… et je réalise que personne n’est derrière moi et qu’il va s’écraser au sol. Par réflexe, je ferme mes mains et il y est. J’ai attrapé le bouquet de la mariée ! Je me suis attiré les foudres de toutes ses copines célibataires et les réflexions bien placées du style « il y a deux ans, Caro aussi avait attrapé le bouquet ! ». Je me fais chambrer de toute part. Mes parents font la gueule.


Chers lecteurs, je suis navrée de vous apprendre que je dois arrêter ici le récit de cette folle journée. En effet, le reste de la soirée, descriptions, photos et vidéos ont été déclarées censurées par Nabot-Léon Ier, pour cause de soirée trop imbibée, dépassant le seuil des 0,2g d’alcool dans le sang, faisant de nous tous, des alcooliques à bannir de la société, et finissant à une heure trop indue pour être partagée avec les 53% de bons Français dont aucun de nous ne faisions partis, au risque de les contaminer de notre maladie collective : l’amour, l’humour et le savoir-faire-la-fête.

6 commentaires:

Une fille qui se prend pour la fée clochette a dit…

ah le bouquet yah ça déchire!!! ;)
Bon j'en ai pourtant essayé trois des jeremy mais à croire que toutes les caroline ne peuvent pas en avoir un mdr! (m'en fous j'ai un Romain c'est plus mieux :p )
Au fait et le texte il est lisible par ceux qu'etaient pas des noces?

mlys a dit…

Symathique, ce compte rendu du mariage ...On y sent toutes les larmes d'émotion, toute l'excitation, toute la joie d'un mariage heureux ! Souhaitons une longue vie aux mariés !!!

Merci de nous avoir fait partager ce moment particulier.

Je voulais te demander, si tu étais d'accord pour figurer sur ma liste de blogs préférés ...personnellement ça m'arrange car j'en ai marre de passer chaque fois par le blog de caro pour accèder au tien ! ( Oui, je fais toujours dans le compliqué quand on peut faire simple ...) et aussi parce que j'aime bien te lire ! Si tu n'es pas d'accord, je comprendrai aussi.

Ma nouvelle adresse de blog est http://luielle.blogspot.com

Bonnes vacances !

MLYS ex-Flower by Kenzo

Ziboux a dit…

bien sur que tu peux m'ajouter,il n'y a aucun soucis ^^

Anonyme a dit…

"dont aucun de nous ne faisions partis" : FAUTE !!! tu aurais du écrire "dont aucun de nous ne faisait partis"... enfin bon meme avec des fautes c'est bien écrit !
Mais tu as oublié de dire que tous les invités m'ont applaudis en coeur parce que j'ai eu mon bac du premier coup et donc que j'ai pu être présente à ce superbe mariage !!! ( j'estime avoir le droit de me la péter un peu lol )
;p

> Justine la Coquine <

mlys a dit…

rires...Dites-moi Justine, c'est bien de pointer du doigt les quelques fautes dans ce très joli texte émouvant ...mais si on le fait, il faut le faire avec sérieux. Oui, vous avez recopié une autre faute sans la remarquer ...ah là là là, le niveau du bac a encore baissé ? (joke ...big joke.) Mais la faute est toujours là ...

Ziboux, merci pour ton accord. Tu es donc sur ma liste ...depuis déjà hier !

Amicalement.

MLYS

Cyan a dit…

Désolée de ne plus être très présente dans la blogosphère en ce moment. Je suis fatiguée par le job d'étudiant que je fais, comme sûrement beaucoup d'autres!!
Mais j'ai lu le post avec tout autant d'intérêt que d'habitude, et je trouve les mariés tr-s beaux, élégants, et rayonnants de bonheur...