dimanche 27 avril 2008

Mes pieds vont bien

Oui chers lecteurs, je sais que vous vous en fichez, qu'à priori j'ai des pieds en bon état vu que vous savez pertinemment que je n'écris pas avec eux. Effectivement, j'utilise mes blanches mains pour tenir ce blog vivant et un peu mes neurones parce qu'il faut bien qu'ils servent à quelque chose. Cependant, je tiens à préciser que la bonne santé de mes petits petons influe indéniablement sur mon moral et qu'il est donc indispensable pour écrire que tout ce petit monde aille bien.
So, je suis trop fière de moi parce que mes pieds vont bien... Elle déraille pensez vous ? Point du tout. Mes peids auraient pu passer un week end beaucoup plus tortureux. En effet, hier, j'assistais pour la première fois de ma vie à un baptême républicain. Alors cétykoidonc que le baptême républicain ? Bah en gros, c'est un baptême pour les athés. Chose assez difficile à comprendre vu que le baptême à la base c'est quand même une chose religieuse et qu'on a du mal à comprendre pourquoi les athés ont besoin d'utiliser une cérémonie telle vu qu'ils sont théoriquement areligieux et souvent contre. Bref, passons. Le baptême républicain, c'est une cérémonie célébrée à la mairie siouplait, par le maire ou un de ses adjoints siouplait, pour donner un parrain et une marraine républicains à un marmot. Et cétykoidonc que le rôle des parrain-marraine dans un engagement républicain ? C'est grosso merdo de faire du rejeton un bon citoyen. Donc d'en faire un boeuf qui suit les conneries du nabot à la lettre sans réfléchir et qui lui dit amen à tout. Enfin non pas amen parce qu'il n'y a pas une once de religion dans tout ce fatras. Vous l'aurez compris, le baptême républicain, c'est juste une excuse pour nous faire mettre nos habits du dimanche et boire un coup.
Donc en ce samedi, j'ai enfilé mes habits du dimanche (si si c'est normal, logique tout ce que vous voulez). Et comme je suis une fille et de surcroît la compagne du parrain, je pouvais très difficilement échapper à la robe. En ce samedi donc, je prépare mon petit bazard dans un sac et je supplie Papachérikéleplubô de m'enmener à la gare. Papachériképa-emballé fait l'effort sauf que voilà, j'ai raté le train. A un demi quart de seconde il pouvait pas m'attendre ce foutu train. Non non non. Il est toujours en retard quand je suis pressée (et même quand je le suis pas) mais là, pas question d'attendre un demi quart de seconde de plus. Donc il me claque gentiment ses portes aux nez, portes que je refuse de défier vu l'état des mains du petit lapin sur les autocollants autour desdites ouvertures. Je fais donc demi-tour pour supplier Papachérikejaimetrèfort de m'enmener à la gare suivante. Bon dans un élan suprême de générosité, Papachérikétrogentil m'enmène jusque chez Chou.
Arrivée là-bas, je prends mon temps pour repasser ma jupe, la chemise de Chou quand ce dernier arrive et m'annonce sans ambages qu'on décole dans 20 minutes parce qu'il a un truc a aller chercher avant la cérémonie. Ziboux souffle, respire à grande bouffées... Vingt minutes pour me préparer pour le baptême ?! T'as fumé toutes tes bd Star Wars ou quoi ?!! En plus ça fait une demie heure que je glandouille et toi tu me dis rien ?!!! Non mais j'vous jure ! J'enfile donc en quatrième vitesse ma tenue de combat spéciale Casse-toi-la-marraine-célibataire-tu-fais-pas-le-poids, coupe court à mes tergiversations de la matinée sur maquillage en camaïeu de brun ou doré (j'ai choisi doré), change l'indispensable nécessaire de survie d'un sac à main à l'autre (sisi messieurs, la besace en daim je vous jure que c'est pas classe du tout avec la jupe bleue pétrole et que l'opération était absolumineusement nécéssaire) et j'enfile mes petits escarpins blancs à 5 centimètres de talons.
Pas si terrible pensez-vous ? Que nenni ! C'est horriiiiiible les talons, quelle que soit la hauteur. Mais je n'avais pas oublié mon génie militaire chez moi. (Mate un peu Clochette comment j'en ai tout pleins des neurones) Deux jours avant, en allant chez Chou, j'avais eu l'idée oulalaquellébonne de mettre lesdits talons afin de repérer leurs points d'attaque sur mes petons. Je m'en suis tirée avec quelques ampoules qui m'ont révélé où je devais placer les bandes de pansements pour ne plus souffrir le martyre le jour J.
Le jour J venu, pas un mal de pied à l'horizon. Toutes ces dames en talons ont craqué et ont enfilé une fois la cérémonie passée leurs ballerines/croques/tongs/baskets quand moi je suis fièrement restée perchée sur mes escaprins ravissants.
J'aurai même pu danser avec. Je n'en ai pourtant pas eu l'occasion. Comment vous expliquer... Le dj nous a ravis de tous ces tubes incontournables d'anthologie des années 80 et d'avant que l'on s'étaient empressés d'oublier... Ah bah voilà c'est fait. Aller un petit échantillon pour faire plaisir. Un dj dans une fête sympa, quand il met du Cloclo, il choisi souvent Alexandrie-Alexandra parce que bon y'a une choré pis qu'elle est sympa la chanson. Et ben celui du baptême, il a préféré Magnolia Forever (bon d'accord ca ca va) suivi de Cette année-là. Bon mais comme on aime bien Cloclo on lui pardonne. C'est après que ça se gâte, jugez plutôt : La danse des canards puis La chenille suivi de La queueleuleu. Là déjà vous avez eu 10 minutes de file indienne autour de la table dans les pattes, contraint et forcé par l'assemblée et vous avez perdu un bouton au gilet tout neuf dans la bataille. S'ensuit Laisse-moi t'aimer en guise de slow et Et tu danses avec lui de C Jérôme. D'ailleurs la dégustation de la pièce montée excellente a été accompagnée de l'intégrale de C Jérôme. Et c'est là que nous nous sommes rendus compte avec Chou qu'il en avait fait pleins des chansons cuilà... Trop peut-être...
Bref, tout ça pour dire que j'ai tenu toute la soirée avec mes talons... Mais que je ne les ai pas usés ^^

mercredi 23 avril 2008

Portrait un peu flou

Je me gausse. Ah si chers lecteurs je me gausse sévère même. Quand je vous disais la dernière fois que les tests fesse-bouc c’est du grand n’importe quoi, et bien là j’en ai la preuve formelle. Voui voui m’sieurs dames ! Hier matin, ayant moult temps à perdre, je suis allée faire un tour sur ma page avec ma tronche à moi. Bon rien de nouveau, toujours pas de français à l’horizon malgré mes sourires enjoleurs. All in english please me dit fesse-bouc crânement. Je reste parfaitement zen et j’ouvre donc toutes les propositions de bétises que les gens m’ont envoyé. A 80% ce sont des tests. Ils sont quasiment tous en double voir en triple. En même temps, je n’en veux pas aux gens vu que quand je les fais après je coche moi aussi tous mes « amis » pour me débarasser de la chose. So, je fais les tests et voici le portrait qu’on peut en tirer de moi :

Pour quoi suis-je faite dans la vie ? Fleuriste
Comment finirai-je ? Mariée, cinq enfants et un fox terrier dans une maison individuelle avec balançoire.
Quand vais-je convoler ? Dans un an et neuf mois
Quel genre de fille es-tu ? Lou, la folle, qui rie pour rien. Tu es la fille plutôt sensible mais qui ne montre pas forcément ses sentiments. Très jalouse et très possessive tu adores quand tu sens que quelque chose t'appartiens. La fête et les potes sont tes préoccupations prioritaires.
Quelle couleur suis-je ? désolée ca a buggué, ça marche pas toujours top fesse-bouc !
Quel dessin animé de Disney suis-je ? Bernard et Bianca
Pour quelle ville du globe suis-je faite ? Le Cap (en Afrique pour les handicapés de la géo)
Que signifie l’amour pour moi ? La peur du vide (La solitude, mal du siècle, vous prend du fond des tripes ; si jamais le grand amour ne vous a pas pris,celui que vous cherchez désespérément, vous aurez malgré tout terriblement besoin de quelqu'un pour meubler votre existence ; ne serait-ce que pour vous sentir exister... Courage, courage ! Il ne faut pas désespérer ; gardez la foi ! )
Quel fruit suis-je ? Une banane
Quel est ce défaut chez moi qui fait craquer tous les hommes ? Je suis bavarde ("Tu parles trop, tu parles trop, tuuuuu parles trop" chante la Rue Kétanou. Cet hymne est pour toi. Souffle un peu des fois, et écoute-les hommes! Mais certains timides aiment que tu leur parles, au moins, il n'y a pas de blanc. Et puis, même si tu parles beaucoup, c'est rarement pour ne rien dire. Tu as tes convictions et tu as bien raison de les clamer! )
Quel sous-vêtement suis-je ? Une guépière rouge et noire
Quel genre de mec me fait rêver ? Brad Pitt (Un mec canon, musclé, sexy, mais aussi papa poule, fidèle et amoureux...! )
Quelle est ma série américaine ? 24 (Tu es plus action, flingue, suspense...un vrai agent secret.)
Quel personnage de Friends suis-je ? Joey

Bon ok y’a un peu de vrai vu que les tests en général c’est tellement large que ça colle à tout le monde. Mais bon… Y’a quand même quelques boulettes dans le tas !
D’abord j’ai quelques doutes sur la date de mon potentiel mariage car c’est pas du tout d’actualité chez moi et d’après ce que Chou en dit, ça l’est encore moins pour lui. Bon les 5 enfants admettons. J’en veux 3 et lui 11. C’est vrai que j’aime la teuf, les copains et que je suis jalouse mais bon pas comme c’est décrit dans le portrait de Lou.
Bernard et Bianca et le Cap passons…
La peur du vide. Alors là c’est un grand mystère sur le pourquoi du comment que j’ai obtenu ce résultat-là. Pourtant les questions étaient en français. En tout cas, heureusement que je ne suis pas célibataire parce qu’avec un résultat pareil, obligé tu rentres dans les ordres sur l’heure.
Une banane… Je sais pas trop comment je dois le prendre celui-là…
En général on me décrit comme quelqu’un de discret voire de transparent. Ma mère me traitait de sauvageonne tellement je ne disais rien au collège alors je comprends pas trop comment je peux me retrouver avec l’appellation de « piplette ». Même pas AOC en plus l’appellation ! Remarquez, j’ai fait de gros efforts pour me sortir de ma timidité, c’est peut-être ce qui ressort de ce test maintenant. Merci les colos. M’enfin quand même, c’est pas le sujet du test et je ne pense pas que Chou ai craqué sur mes conversations en premier.
Pour les trois dernières questions, on touche quand même le pompon. Pour être très franche, Chou ne ressemble pas vraiment à Brad Pitt. Non il n’est pas blond, n’a pas les yeux bleus. Y’a même un gros gros bug vu qu’il est plutôt en accord avec mon vrai idéal : Zorro ! Bon d’accord Antonio Banderas. Ou du moins, il est brun aux yeux verts. Par contre, « canon, musclé, sexy » c’est tout à fait ça (bas les pattes les filles, il est à moi !!!), papa poule je ne sais pas et fidèle et amoureux, j’espère !
Joey… En faisant ce test je m’attendais à tomber au moins sur une nana. Et ben que pouic. Joey. Voyons, quels points communs puis-je avoir avec ce personnage mis à part notre amour commun pour la nourriture et l’Italie (Ziboux déteste aussi qu’on pique sans son autorisation dans son assiette… Ziboux pas prêter son manger !)… Non vraiment je ne vois pas.
Enfin, la cerise sur le mc do : la série 24 !!! Alors là, chapeau monsieur fesse-bouc. Je suis stupéfaite par autant de perspicacité. Je tiens cependant à préciser que : d’une je n’aime pas trop les séries policières d’action avec trop du suspence qui tue. Je n’ai par exemple jamais vu Alias hormis le dernier épisode de la série (ce qui m’anesthésie de l’envie de regarder le reste). De deux, je n’ai non plus jamais vu une seule minute d’un seul épisode de 24 ! Je regarde plutôt Friends et Desperates Housewives alors je comprends rien à ta logique monsieur fesse-bouc, tu m’explique dis ?

Bref, ne prenez pas ce portrait de moi pour vrai, vous risqueriez d’être pas mal déçu…
Du coup chers lecteurs-bloggueurs, je vous invite à faire la même analyse de vos résultats sur vos tests fesse-bouc ou autre, juste comme ça, pour voir… ^^

dimanche 20 avril 2008

My taylor is rich

Désolée chers lecteurs, mea maxima culpa, je ne poste pas assez régulièrement. Je sais que celles et ceux qui passe comme moi les concours ne s’en formaliseront pas vu qu’ils sont a peu près aussi réguliers que bibi dans leur blogs respectifs mais pour les autres, c’est inadmissibles. La seule chose que je puisse vous dire c’est de prendre votre mal en patience, une fois prof, j’aurai tout le temps d’écrire si l’on suit les croyances populaires.
Il faut dire aussi que mon matériel à bloguer est quelque peu défaillant ces derniers temps. J’explore aussi de nouveaux horizons.
Oui mes chers amis, je me suis inscrite sur fesse-bouc comme la beaucoup d’utilisateurs du ternet. Enfin je me suis inscrite… On m’a fortement poussée à m’y inscrire. Parce que moi au départ j’étais pas trop chaude pour entrer dans un cyberespace de plus. Mon blog et ma boîte mail me suffisant amplement.
Sauf que bon, j’ai fêté mon 23ème anniversaire en décembre dernier avec des copains dont un très notamment qui est un accro du fesse-bouc. Et ce petit malin a mis en ligne les photos prises lors de cette soirée sur sa page fesse-bouc qui n’est consultable que si et uniquement si on est aussi inscrit. Forcée donc de me joindre à la communauté, je rame, galère, sue sang et eau (choisissez le verbe qui vous convient le mieux) pour comprendre à quoi peut bien servir ce truc. Non parce que bon, autant les sites où on adhère pour avoir des nouvelles des potes d’écoles je trouve ça bien sympathique et utile, autant fesse-bouc ça rime à rien. Déjà gros point noir, fesse-bouc ne parle qu’anglais et j’avoue que bien que parlant assez bien (ou du moins comprenant correctement) la langue de Shakespeare je n’ai absolument pas envie de fournir le moindre effort pour capter ce que ce site me propose. L’a qu’à parler en français comme tout le monde ce con ! Alors j’en entends déjà qui s’offusquent devant leurs écrans en pestant que d’abord il existe une version française de fesse-bouc. Encore faut-il avoir envie d’y aller et moi j’en n’ai absolument pas besoin vu que je ne consulte ma page que quand je reçois un mail m’invitant à lire un message. En général je trouve alors sur ma page environ 15 428 invitations à des tests divers et variés, tous hautement intelligents, envoyé en 4 exemplaires par 4 personnes différentes. Ces superbes tests, pour dire combien ils sont utiles m’ont définie comme une femme idéalement faite pour le métier de fleuriste et qui finira mariée avec 12 mômes, un mari, un espace et un cocker.
Ajoutez à mes tribulations avec fesse-bouc le fait que mon Papa, très gentiment et surtout sans me demander mon avis a installé sur mon ordi le paquet office de Fenêtre. Mais pour sa décharge, il avait une bonne raison : maintenant je peux lire sans problème toutes les bêtises qu’ils m’envoie sur ma boîte mail. Donc il est tout pardonné. Sauf que le paquet office il a des ratés qui déroutent même les informaticiens les plus chevronnés. Voyez plutôt : j’ouvre une page word, j’écris « le chat mate les oiseaux à la fenêtre », je demande la recherche pas clic droit dans le dictionnaire du mot « chat » et là, une petite fenêtre s’ouvre me conseillant (m’ordonnant en fait) d’insérer (tenez-vous bien) le cédérom Auto Route 2005 afin d’obtenir satisfaction. Oui oui chers lecteurs, vous avez bien lu : Auto Route 2005 ! Pour une recherche dans le dictionnaire !!! Et le meilleur dans tout ça c’est qu’on clique sur « ok », « annuler » ou la petite croix du coin haut-droit, la fenêtre revient toujours et m’oblige a fermer intégralement le programme pour la faire disparaître. Ya pas de doute, la technologie informatique ça simplifie la vie. Et un bon dico papier aussi !!!

Bref, je divague, je digresse et j’en oublie de vous faire part de mon coup de cœur du jour : God Save la France de Stephen Clarke. Voilà un livre que je vous recommande chaudement. La seule critique que j’ai à lui faire c’est la traduction du titre. Il était génial en anglais et, probablement poussé par un souffle de chauvinisme mal venu, l’éditeur l’a complètement dénaturé pour en faire un titre banal et somme toute moins accrocheur. Le titre anglais c’est « A year in ze merde ». Quand vous lisez ce titre, vous avez tout l’esprit du livre qui monte en vous. L’anglais écrit en phonétique des dialogues, l’humour anglais et les remarques bien à propos d’un rosebeef sur la société française.
C’est l’histoire simple d’un Anglais qui vient travailler un an à Paris pour y monter une chaîne de salons de thés (idée géniale soit dit en passant). Il découvre alors la France dans ce qu’elle a de plus beau : les grèves surprises, les suppositoires et les merdes de chiens sur les trottoirs. Une année donc où il va aussi faire connaissance avec les femmes françaises au charme irrésistible (moi chauvine aussi ?) et les politiciens magouilleurs.
C’est drôle, décalé, bien traduit et trop court !!! Oui j’avoue que je ne suis pas trop satisfaite par la fin mais je pardonne à cet ouvrage ce petit dérapage tellement j’ai ri toute seule dans le métro et dans mon lit à le lire.
Et plutôt que de vous ennuyer encore avec de longs discours pour vous convaincre d’y jeter un œil, voici quelques morceaux choisis :

« - You very djeune, fit le petit maigre.
Pas sur un ton accusateur, juste un peu contrarié.
- Pas vraiment. J’ai vingt sept ans. Si j’étais une rock star, je serais déjà mort. […]
Bernard eut un sourire nerveux et se lança.
-I am Bernard, ayam responsibeul of communikacheune, euh…
Bon Dieu, Jean-Marie n’avait-il pas parlé d’une réunion en anglais ? Et voilà que ce type attaquait en hongrois. L’homme de Budapest poursuivit dans cette veine hermétique pendant deux minutes puis articula plusieurs mots, de la plus haute importance à en juger par la constipation forcenée de son visage :
-I am very happy work wiz you.
Capté ! Bien que peu familier des dialectes d’Europe centrale, cette fois j’avais compris. Il est très heureux de travailler avec moi. Par Babel ! C’était de l’anglais, mais pas le même que le nôtre. »

« Christine donna quelques coups de fil pour tirer au clair cette histoire de carte de séjour. […] Elle dressa une liste d’adresses et de documents à fournir et entreprit de me les expliquer. Il ressortait que, étant citoyen européen, il me fallait aller à la préfecture […] Il me suffisait de prendre mon passeport, mon contrat de travail, trois photos d’identité, une facture d’électricité récente et les certificats de mariage de tous les hamsters que j’avais possédés depuis 1995, photocopiés sur du parchemin médiéval. Pas de problème. »

jeudi 17 avril 2008

Ecoeurée…

C’est horrible. Je ne voulais pas faire de ce blog un espace pour geindre ou pour afficher indécemment les détails de ma vie, photos à l’appui comme les minettes de 14 piges sur skaï et pourtant, c’est bel et bien l’impression que j’en ai quand je me relis. En même temps, je me dis que mes problèmes du moment peuvent parler à un certain nombre de personnes, les faire réagir parce qu’ils le vivent ou l’on vécu, idem pour les choses qui m’indignent.

Je suis écoeurée. Je trouve pas d’autre mot.

J’ai l’impression d’avoir regardé pendant des heures un énorme gatal beau comme un dimanche ensoleillé. Un truc qui fait saliver à mort mais qu’on hésite à toucher tellement c’est beau. Un truc dont l’énonciation du nom sonne tellement doux à l’oreille qu’on en frémit d’avance. On se dit que ce sera unique, merveilleux. Ce nom promet un avenir meilleur, différent, rien que de par le fait d’avoir goûté à ce délice. J’ai l’impression que par sympathie, on m’a accordé le droit d’en manger une miette. Une toute petite miette de rien du tout. Et puis après la miette, la cuillère à café, si ridiculement minuscule qu’on ne comprend même pas qu’on puisse avoir inventé un couvert pareil. Alors on est passé à la petite cuillère, la vraie, celle du tiroir du milieu, celle qu’est rangée horizontalement contrairement à tous les autres membres de la famille des outils de table qui sont verticalement allongés dans le tiroir. Mais la générosité ne s’est pas arrêtée là. Après il y a eu la cuillère à soupe et la louche. Bref, le gatal, je l’ai dévoré en me disant qu’une fois fini, tout serai bien mieux. Le problème c’est que le gatal ne diminue pas. Jamais. Il est toujours parfait, crémeux, intact. Et plus je le regarde, plus les promesses qu’il me faisait s’éloignent. Et je suis écoeurée. Je n’ai plus envie de manger cette chose. Et pourtant je le dois.

Voilà. Le permis de conduire c’est ça. Exactement ça. Une chose qu’on vous fait miroiter comme la clé de la liberté. Le problème c’est que les auto-écoles en font un gatal écoeurant.
On est client d’une auto-école. Et pourtant, force est de constater que ce n’est certainement pas un commerce comme les autres. Ni une école comme les autres d’ailleurs. A l’auto-école, vous êtes client donc vous payez (la peau du luc) une formation et le droit de passage à un examen qui vous délivrera le sésame tant espéré. En toute logique, comme vous êtes client, vous avez le fin mot sur la formation. Sauf qu’en fait non. Point du tout. Car point ne faut se fâcher avec le directeur et sa sous-fifre de secrétaire, ils détiennent un moyen perfide de te mettre à genoux. Comment les empêcher de ne pas faire barrage à sa présentation à l’examen théorique et pratique, voire si on a été très très méchant avec eux aux leçons de conduite ? Bah il n’y a aucun moyen. Ils ont toujours l’excuse, l’argument imparable (et accessoirement invérifiable par toi et tes petits moyens de pieton-lecteur lambda) pour te faire comprendre que :
1) ils sont uniques décisionnaires de ta destinée, quelles que soit tes exigences, tes motivations et tes problèmes personnels.
2) Ils font strictement ce qu’ils veulent avec leur gestion de la boutique et que toi, petit piéton tu n’as certainement pas ton mot à dire.
Non. Toi, client, ton seul devoir est de t’astreindre à gober toutes les couleuvres que l’on te fera avaler à l’entonnoir, de venir aux leçons, histoire de justifier les salaires des moniteurs, et surtout, signer le petit rectangle détachable de ton carnet de chèque. Au dessus et au préalable bien entendu, toi, client, tu auras écrit en lettres et en chiffres un montant exorbitant comparé à la prestation (mais toujours très justifié, le prix de l’or noir à la pompe aidant providentiellement), ce qui te vaudras une ponction immédiate d’une partie du capital que tu avais économisé avec soin. Et c’est écoeuré que tu regardes la facture, ton relevé de compte bancaire et ton agenda, désespérément vide d’une date que tu attends, négocie et que pour laquelle tu travailles depuis des mois.
Plus le temps passe, plus tu as l’impression d’être la vache à lait que l’on trait régulièrement pour obtenir la substance de ce gatal immonde. Et en plus tu apprends, le temps passant, que d’autres qui ont commencé après toi on eu le sésame à peine 60 jours après le passage de l’examen théorique, qu’ils n’ont pas dû attendre un mois avant de commencer les leçons de conduite, qu’ils n’ont jamais eu de problèmes pour obtenir deux heures de leçon d’affilée afin d’aller sur les parcours d’examens, qu’ils n’ont jamais non plus dû céder une de leurs heures à un élève en passe d’obtenir le sésame. Et toi, toi pauv' con que tu es, tu as fait tout ça. Tu as certainement été l’élève le plus docile, le plus cool et le moins râleur que le monde aie porté. Et pourtant, toi, tu n’as toujours rien. Rien ne se profile. Le gatal est là, il te regarde, t’invite irrépressiblement à manger encore un peu, un peu plus. Parce qu’il le faut. Tu n’as pas le choix si tu veux le sésame. Oui mais voilà, le gatal, il n’est plus si beau, plus si bon. Et tu te demandes sincèrement si tu as encore envie de savoir ce qu’il offre de si merveilleux.
Ecoeurée j’vous dit…